L'Afrique "menacée d'assèchement "
L'Afrique "menacée d'assèchement " Certaines régions de l'Afrique sont déjà arides et sèches. Mais la situation risque de s'aggraver du fait du réchauffement planétaire, si l'on en croit deux études qu'a lu pour nous Richard Black, spécialiste des questions écologiques pour le site web de la BBC
If Selon des modèles réalisés par des ordinateurs, le Sahel et certaines régions d'Afrique australe vont s'assécher de façon notable dans le siècle à venir. Déjà, le taux de pluviométrie dans le Sahel a considérablement diminué vers la fin du 20 ème siècle, provoquant des sécheresses qui ont entraîné des millions de morts. Au Sahel La National Oceanic and Atmospheric Administration (ou Noaa) l'administration américaine chargée de l'étude des océans et de l'atmosphère, a publié les résultats de ses recherches dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences, ou PNAS. Isaac Held, un des chercheurs de la Noaa , est formel: "le modèle que nous avons réalisé prévoit un Sahel extrêmement sec à l'avenir" explique-t-il, "si nous le comparons aux sécheresses des années 1970 ou 80, tout indique qu'il sera plus sec encore à la fin du 21 ème siècle, en raison d'une chute du taux de pluviométrie de l'ordre de 30 % par rapport à la moyenne du siècle dernier". Déjà, le niveau des pluies a baissé de façon dramatique durant le deuxième moitié du siècle dernier. Et depuis 1970, près de la moitié de la région souffre de sécheresses graves. La situation s'est quelque peu améliorée dà la fin des années 8O, mais le taux moyen de pluviométrie n'est toujours pas revenu à son niveau d'avant 1970. En Afrique australe En Afrique australe, la situation n'a pas été aussi grave que dans le Sahel, mais une autre équipe de la Noaa, dirigée par Marty Hoerling, prévoit là aussi un asséchement potentiellement catastrophique. Les résultats de son étude ont été transmis au Journal of Climate pour être publiés dans cette revue. "En Afrique australe, entre 1950 et 1999" déclare Marty Hoerling "le niveau des pluies d'été a baissé d'environ 20 %".
| Le mécanisme Ces deux études devraient permettre de mieux connaître les processus physiques qui déterminent les taux de pluviométrie en Afrique. Chris Folland, du Bureau britannique de Météorologie (UK Meteorological Office) explique: "grâce aux observations que nous avons déjà faites, nous savons que si l' atmosphère est chaude dans l'Atlantqiue nord et plus froide dans l'Atlantique sud, cela a pour effet d'accroître le taux de pluviométrie dans le Sahel, et vice-versa". Mais Chris Folland ajoute que les températures en Méditerranée peuvent aussi jouer un rôle. Selon la théorie, si l'Atlantique Nord se réchauffe plus que les eaux plus au sud, la ceinture des pluies est attirée vers le nord, donc vers le Sahel. Mais si le réchauffement est plus accentué dans le sud, c'est aussi vers le sud que la ceinture des pluies va se déplacer, abandonnant le Sahel à la sécheresse. D'autre part, si l'on en croit les résultats de l'étude de Marty Hoerling, pour comprendre les variations pluviométriques en Afrique australe, le facteur crucial pourrait être les températures dans l'Océan indien. Selon son étude, les concentrations croissantes de gaz à "effet de serre" dans l'atmosphère vont faire monter les températures dans cette région, et acccroître les différences de températures entre le nord et le sud de l'Atlantique.
| Une science inexacte Reste que les prévisions dans ce domaine des changements climatiques sont loin d'être infaillibles, et que d'autres expériences de modélisation pour l'Afrique ont donné des résultats différents. Mais ces dernières études montrent l'ampleur dramatique que le réchauffement planétaire, provoqué par l'activité humaine, peut avoir pour certains des pays les plus pauvres du monde. Et le fait que leurs prédictions sont très différentes de celles d'autres études du même genre montre à quel point il est difficile pour les dirigeants politiques, par exemple, de décider quels moyens mettre en oeuvre pour f aire face aux conséquences des changements climatiques à l'échelle mondiale. Les milieux scientifiques tentent de tester les modèles qu'ils réalisent en essayant de "prévoir le passé", c'est à dire de voir dans quelle mesure, une fois que toutes les données ont été prises en compte, leurs modèles permettent de simuler les conditions climatiques passées, qui sont connues. "Le modèle que nous avons réalisé pour le 20 ème siècle correspond davantage aux autres modèles réalisés pour l'Afrique", affirme Isaac Held de la Noaa, "c'est pourquoi nous croyons à son exactitude, même si elle n'est pas certaine". | Unanimité Chris Folland, de la météo britannique, estime que la solution serait sans doute de mettre au point des modèles plus précis, qui se baseraient sur des simulations des conditions globales, en y intégrant des variations locales. Mais il rejette les aruments de certains sceptiques, selon lesquels les modèles sont si peu fiables qu'ils sont pratiquement inutiles. Il souligne en effet que, quelles que soient les différences entre les résultats obtenus, " tous les modèles tenant compte de l'accroissement des gaz à effet de serre ont prévu un réchauffement. Les niveaux prévus peuvent varier d'un modèle à l'autre" ajoute Chris Folland, "mais ils prévoient tous ce réchauffement. Il s'agit donc là d'une prévision qui fait l'unanimité" |
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